Le tableau s'est ici * détaché du mur pour apparaître comme « une installation de peinture ». L'œil habitué à regarder la peinture sur le fond neutre des cimaises fait l'expérience du vide aux abords des châssis. Ces tableaux-là ont conquis une indépendance qui les apparente à des sculptures. Ils sont posés au sol au moyen d'une paire de triangles pourvus d'une encoche. Cette inhabituelle disposition abaisse notre regard vers le sol.
Les dix tableaux de même format sont équidistants, et l'ensemble compose une ligne d'une douzaine de mètres. Ce dispositif concourt à offrir la plus grande neutralité possible pour contempler l'ensemble donné à voir en tant que série. Puis, à l'approche de ces surfaces monochromes cernées de noir, de subtiles variations révèlent une composition singulière. La série dite « Monotonie » vient dénoncer la paresse du regard.